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Pourquoi Spiritus principalis ?

Pourquoi Spiritus principalis ?

La genèse, les intentions et la problématique sacramentelle du nouveau rite de consécration épiscopale de 1968

Introduction

La controverse concernant le nouveau rite de consécration épiscopale promulgué par Paul VI le 18 juin 1968 ne peut pas être réduite à une querelle de traduction autour de deux mots latins : Spiritus principalis.

Le véritable problème est beaucoup plus profond.

Pourquoi cette formule a-t-elle été choisie ? Pourquoi les réformateurs ont-ils abandonné la forme épiscopale que Pie XII venait de déterminer solennellement en 1947 ? Quelle conception de l’épiscopat voulaient-ils exprimer ? Quelle place la recherche des « sources » anciennes et le rapprochement œcuménique ont-ils joué dans cette décision ? Et surtout : la nouvelle forme signifie-t-elle avec suffisamment de détermination ce qu’une forme sacramentelle épiscopale doit signifier ?

Pour répondre sérieusement à ces questions, il faut éviter deux méthodes également insuffisantes.

La première consiste à prendre pour argent comptant toutes les explications fournies par les réformateurs eux-mêmes : puisque Paul VI affirme que le nouveau rite exprime la plénitude du sacrement de l’Ordre, la question serait par définition réglée.

La seconde consiste à transformer immédiatement toute motivation œcuménique en preuve d’invalidité.

Ni l’une ni l’autre méthode ne permet d’établir correctement les faits.

Une véritable enquête doit distinguer au moins quatre niveaux :

les faits historiquement documentés ;
ce que les réformateurs déclaraient vouloir accomplir ;
les choix concrets qu’ils ont effectivement opérés ;
la conformité de ces choix avec les principes sacramentaires antérieurement enseignés par l’Église.


C’est précisément lorsqu’on met ces quatre niveaux en regard qu’apparaît la difficulté particulière du rite de 1968.

La réforme n’a pas consisté simplement à conserver le rite romain en supprimant quelques cérémonies devenues superflues. Paul VI explique lui-même que Vatican II avait demandé une révision des rites d’ordination « soit quant aux cérémonies, soit quant aux textes ». Il précise également que les textes et les rites doivent être organisés de manière à exprimer les réalités saintes « plus clairement » et à permettre au peuple chrétien d’en saisir plus facilement le sens.

La question devient donc particulièrement nette :

La nouvelle forme épiscopale réalise-t-elle effectivement ce programme de clarté et de détermination sacramentelle ?

Pour le savoir, il faut commencer par revenir à la décision de Pie XII.

suite : Pourquoi Spiritus principalis ?
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